Mes convictions personnelles m’ont amené à orienter ma carrière professionnelle vers l’environnement, plus précisément le traitement des déchets et l’énergie. À gérer une affaire d’humains à humains.

Une affaire d'humains à humains où cohabitent technologie, agriculture et élevage.
Le projet Methamoly : la modernité dans les champs. Photo Frederic Berthet, GRDF.

 

Je suis Sébastien Paolozzi, président de Prodeval. J’ai la chance, dans la vie comme au travail, d’être accompagné de ma femme, Valérie. Chez Prodeval, Valérie supervise la direction administrative. J’ajoute que nous avons trois filles, évidemment formidables!

 

J’ai grandi en région parisienne et j’ai fait mes études à l’École d’ingénieur des Mines de Douai. Mes loisirs sont plutôt simples et très orientés «nature», plus particulièrement autour des sports de montagne. Je vis aujourd’hui dans un petit village du Vercors, dans la Drôme. J’avoue avoir un côté «bon vivant», profiter pleinement de la nourriture française et de la dolce vita italienne.

 

Mes convictions personnelles m’ont amené à orienter ma carrière professionnelle vers l’environnement, plus précisément le traitement des déchets et l’énergie. Le biogaz permet de lier ces deux secteurs d’activité.

 

Ma découverte de Prodeval et de son potentiel

 

En 2009, après cinq années de travail en son sein, j’ai eu la possibilité de reprendre la société. À cette époque, l’entreprise était spécialisée dans le dégazage de centres d’enfouissement. Elle employait alors cinq personnes en France. Mon prédécesseur a souhaité prendre sa retraite et m’a proposé de lui succéder. J’y ai vu l’occasion de relever un défi personnel tout en participant à la construction d’un avenir en cohérence avec mes convictions.

 

En 2010, on peut dire qu’une partie du chemin était fait. Je travaillais alors dans le monde du biogaz, alliant valorisation des déchets et production d’énergie. Il ne restait plus qu’à imaginer l’avenir et à savoir comment participer au développement durable d’une manière plus active. La piste n’est-elle pas toujours devant nous?

 

Inventer de nouvelles solutions

Encore des humains aux humains! Les voitures de l'exploitation Eurek'alias roulent au biogaz.
Faire le plein à la station Eurek’alias puis… rouler! Photo Philippe Collin.

 

Convaincus que l’Homme ne retournerait pas vivre en «peau de bête dans une grotte», nous devions trouver des solutions favorisant l’évolution de notre société et du traitement de l’énergie dans le respect de l’environnement. Tout naturellement, nous avons créé un service de recherche et développement.

 

Nous nous sommes logiquement tournés vers l’épuration du biogaz en biométhane, sachant que cette solution aurait une incidence directe sur la lutte contre le réchauffement climatique. Elle permettrait en effet de créer rapidement une énergie substituable aux énergies fossiles et d’agir localement, sur un circuit court. C’est ainsi qu’est née, en 2013-2014, la solution VALOPURMD.

 

Mais nous ne voulions pas nous arrêter là. Il y avait encore mieux à faire, à savoir distribuer ce biométhane. Nous avons donc conçu des stations BioGNV (GNV: Gaz naturel véhicule, en France. Se dit aussi GNC: gaz naturel comprimé) évolutives permettant d’avitailler en biométhane des flottes de poids lourds, de bus ou de véhicules légers. Cette solution a été nommée CN’GREEN MD.

 

Cette aventure m’a permis de rencontrer des personnes également investies dans les projets de mobilité verte. J’aimerais partager avec vous deux belles expériences réalisées en France, et que j’espère reproduire en Amérique du Nord.

 

Eurek’alias : Ce projet se situe chez Philippe Collin en Haute-Marne, département de l’est de la France. Philippe exploite une ferme — polycultures et élevage. Pionnier, il a construit un méthaniseur en 2010 pour produire de l’électricité. C’est donc tout naturellement que nous avons travaillé avec lui pour développer notre solution AgriGNVMD. Il s’agit d’une station qui permet de produire du gaz naturel comprimé directement à partir du biogaz. Ainsi, depuis plus d’un an, les enfants du village vont à l’école en autobus qui roule grâce aux déchets valorisés sur la méthanisation des produits de sa ferme. Déjà plusieurs voisins roulent avec cette énergie propre. Et bientôt, la collecte de lait se fera de la même façon.

Methamoly : Ce projet se situe à proximité de Lyon, où Aloïs Klein et ses associés ont mis en service en 2018 un méthaniseur pour traiter les effluents d’élevage et les biodéchets de cantines, de collectivités et de restaurants de la région. En 2020, nous avons inauguré là-bas une station CN’GREEN (Station GNC) alimentée avec le biométhane issu de la méthanisation. Aujourd’hui, une dizaine d’autobus, un camion de collecte des déchets, la collectivité et des artisans roulent au biométhane grâce à cette station rurale.

 

 

Aujourd’hui, encore

 

Aujourd’hui, nous sommes plus de deux cents, et nous travaillons toujours dans cet objectif renouvelé avec enthousiasme.

 

Récemment, nous avons poursuivi notre développement en créant une solution de liquéfaction du dioxyde de carbone, le fameux le CO2. Issu du processus de la méthanisation, nous ne le recyclions pas et il était retourné dans l’atmosphère. Nous avons voulu le valoriser. En décembre 2020, une première mise en service réussie nous ouvre de nouvelles voies de production et d’usages. C’est que le CO2, une fois liquéfié, se transporte facilement, dans un volume moindre. Il peut alors servir avantageusement les secteurs alimentaires et industriels.

 

À court terme, nos applications viseront le secteur industriel. D’abord les serristes, qui utiliseront le CO2 à l’intérieur de leurs installations afin d’améliorer la croissance de leurs plantations. Le CO2, c’est en quelque sorte la base de l’alimentation des plantes chlorophylliennes, qui rejetteront uniquement l’oxygène une fois qu’elles auront absorbé la lumière, le gaz carbonique et l’eau: c’est ce qu’on appelle la photosynthèse. On parle ici de 20 % de rendement supplémentaire de la matière sèche.

 

Suivra le transport. Refroidi, le CO2 liquéfié devient de la glace carbonique. Imaginez ce résidu de méthanisation transformé en réfrigérant et utilisé pour transporter en toute sécurité des milliards de vaccins autour du monde! Des vaccins dont l’efficacité est intimement liée à la température de la glace sèche, soit –78,5 degrés Celsius. Cette glace retient le CO2 aussi longtemps qu’on la conserve comme telle. On sait que le CO2 est un élément majeur de la composition de l’atmosphère, parfaitement naturel et utile aux humains dans de bonnes proportions. C’est l’augmentation de sa concentration qui pose aujourd’hui un défi à l’humanité. Aussi cherchons-nous des moyens de stabiliser ce gaz à long terme.

 

Éconologique d’un bout à l’autre

 

Des vaches mangeant du foin illustrent la recette gagnante pour produire du biométhane.
Une recette gagnante : élevage et cultures à Methamoly. Photo Frédéric Berthet. GRDF.

 

Éconologiques, nous cherchons à l’être de l’intérieur —notre société— comme à l’extérieur —notre impact sur le monde qui nous entoure.

 

En interne, Prodeval réinvestit depuis 10 ans maintenant la quasi-totalité de ses bénéfices pour développer des solutions qui lutteront contre le réchauffement climatique. Nous, société et employés, travaillons pour le bien-être de nos enfants, des futures générations et de la planète. Nous développons des solutions en réponse à toutes les problématiques liées au biogaz.

 

Et nous avons bien l’intention de trouver encore de nouvelles solutions, notamment pour renforcer l’économie circulaire, dont l’économie locale fait partie.

 

Nous avons développé notre activité en Europe: Italie, République tchèque, Belgique, Espagne, Suisse. Le Canada et les États-Unis doivent également relever de nombreux défis, dont le traitement des déchets et la production d’énergie. C’est donc tout naturellement que nous nous sommes dirigés vers l’Amérique du Nord pour y adapter et déployer nos solutions. Pour vous. Avec vous.

 

Je vous lance l’invitation. Face aux enjeux de la transition énergétique, ensemble, soyons éconologiques !

 

Sébastien Paolozzi

 

Une affaire d’humains à humains
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